Cai Jia Quan 蔡家拳

LA BOXE RARE DU TIGRE ET DE L’AIGLE

Originaire du temple Shaolin du Sud situé à Quanzhou dans la province du Fujian, le Cai Jia Quan (ou Choy Gar Kuen en cantonnais), de son nom original “Hu Ying Quan”虎鷹拳 (Boxe du Tigre et de l’Aigle) est un des rares styles ayant survécu à la destruction du temple.
Style pragmatique quasiment disparu de Chine après la révolution culturelle, il est enseigné depuis toujours à des disciples triés sur le volet, après qu’ils aient maîtrisé le Taizu Quan.

Les cours de Cai Jia Quan ne sont accessibles qu’aux disciples officiels de la lignée, rigoureusement sélectionnés, ou lors de stages nationaux ou internationaux.

“虎鶴鷹三形一體”
Hǔ hè yīng sān xíng yī tǐ

Cette maxime peut se traduire en français : “Le tigre, la grue, et l’aigle réunis en un seul corps”.

En effet, ce style typique du Fujian portant à l’origine le nom “Hu Ying Quan” 虎鷹拳 – soit boxe du tigre et de l’aigle – inclu pourtant une grande partie de techniques de la grue blanche, notamment : des frappes du tranchant des mains, de nombreux coups de coudes, et le principe typique des frappes en “vibrations” de la grue blanche.

CONTENU DES COURS

Les cours de Cai Jia Quan ne sont accessibles qu’aux disciples officiels de la lignée, rigoureusement sélectionnés, ou lors de stages nationaux ou internationaux.

Les élèves y apprennent les techniques spécifiques de ce style rare, comprenant les mouvements du tigre servant à déchirer, frapper, et perforer ; celles de l’aigle pour agripper et tirer, mais aussi bloque les articulations, et enfin celles de la grue frappant avec les coudes, les genoux et les avant bras, et utilisant toute la puissance du corps pour frapper de manière puissante.

Les applications sont travaillées à deux ou plus, sous forme d’échange, puis sous forme de combat libre, avec protections, et parfois aussi sous formes de scénario, afin de se rapprocher le plus possible de la réalité du combat “de rue”.

Plus d’informations dans les paragraphes suivants.

SPÉCIFICITÉS DU STYLE

La boxe du tigre et de l’aigle, mélange donc des techniques du tigre, de l’aigle, et de la grue blanche, et est typique des styles du Fujian dans ses positions, ses déplacements, et sa génération de force.
On y privilégie donc la position “Bu Ding Bu Ba” 不丁不八, que l’on acquiert lors de l’apprentissage du style Taizu Quan, qui nous sert de base.

L’attaque étant la meilleure défense, on se déplace vers l’avant en sortant aussi sur les angles extérieurs des attaques ennemies.

• Les techniques du tigre servent principalement à frapper, dégager, et décaler.
• Celles de l’aigle sont essentiellement utilisées pour tirer, pincer, appuyer, percer, et tirer. Le renforcement de la force de saisie et des doigts est donc cruciale.
• Enfin, les techniques de la grue, incluant la respiration “Tun Tu” 吞吐, l’utilisation des omoplates pour gagner de la distance et puissance de frappe, les frappes de coudes, de genoux, et la génération de force “vibrante”.

RENFORCEMENT

南少林八段錦 – Une forme de 8 mouvements travaillant la respiration, le placement du corps, et l’étirement de la colonne vertébrale.

錘子打砧 – Technique de renforcement des bords extérieurs des pieds et du dos des mains

提沙袋 – Exercice de renforcement des doigts et de la saisie, à l’aide d’un sac en filet de pêche rempli de pierres.

Il est très important de se soigner ensuite avec des onguents de médecine traditionnelle afin de préserver le bon état des doigts dans le temps, et participer à leur renforcement et récupération plus rapide. Au risque sinon, d’être contre productif et de les affaiblir.

LES FORMES

Le style étant lui aussi très pragmatique, les formes sont peu nombreuses. On en compte 7 à mains nues :

• San Bu Jin 三步勁(Mu Quan 拳母)
• Hu Ying Quan Yi Lu 虎鷹拳一路 / San Zhan 三戰
• Zhan Qie 斬切
• Que Long 怯龍
• Fu Shi Ba Bu 副十八步 / Zhan Jin Jie Mai 斬筋截脈
• Shi Ba Bu 十八步 / Luo Han Cai Shen 羅漢踩身
• Meng Hu Chu Lan 猛虎出欄 / Shuang Long Chu Hai 雙龍出海

Seulement deux armes existent dans le style Cai, à savoir :

• Le Bâton 齐眉棍
• Le Sabre 水月刀

ORIGINES

Alors pourquoi Cai Jia Quan ?

Pour comprendre pourquoi le nom fût modifié, il faut remonter aux origines du style : le légendaire Temple Shaolin du Sud.

Situé à Quanzhou dans la province du Fujian, il est considéré par la dynastie Qing et particulièrement sous l’empereur Qianlong (1733-1796), comme un abri de rebels anti Qing.
Cette dynastie particulièrement détestée du peuple notamment car elle n’est pas de “sang chinois” Han, persécute en continue le peuple chinois.
C’est à cette époque que grandissent les sociétés secrètes parmi lesquelles se trouvent de nombreux maîtres de différents styles, qui se rejoignent sous le “serment Anti Qing” “Fan Qing Fu Ming” 反清復明 signifiant : Renverser les Qing et Restaurer les Ming (la dynastie précédente).

Accusé d’abriter certains de ces rebels, le temple Shaolin est donc détruit pour la dernière fois en 1763.
Parmi les différents moines ayant réussi, non sans combattre, à s’enfuir du temple, on compte notamment le moine Zhi Wu Chan Shi 至悟禪師, qui perdit son oeil gauche dans sa fuite, avant de trouver refuge chez la famille Cai.

Pour ne pas subir de représailles ni de persécutions du gouvernement Qing, qui banni tout ce qui à un rapport avec le temple Shaolin, le moine Zhi Wu enseignera l’intégralité du style au fils de la famille : Cai Jiu Yi 蔡九億, donnant au Hu Ying Quan 虎鷹拳 le nom de la famille qui le secouru : Cai Jia Quan 蔡家拳 (Boxe de la famille Cai).

Aujourd’hui encore, les échanges avec le gouvernement chinois et le Temple Shaolin sont fréquents.
Depuis les années 1980~1990 et la reconstruction du temple Shaolin de Quanzhou, maître Lü fut nommé par l’abbé du temple comme responsable de l’enseignement du style Cai au temple et dans sa région, afin de combler les manques de ce qu’il restait du style en Chine après la révolution culturelle. Chaque année, des échanges ont lieu entre les deux pays, l’école se déplaçant au temple, et les moines se déplaçant aux quartiers généraux de la lignée, toujours à Taichung.

Aujourd’hui les échanges internationaux perdurent, surtout avec les quartiers généraux du style de Karaté Goju Ryu d’Okinawa, avec qui notre lignée entretien des liens forts.

MAÎTRE LÜ SONGJI 呂松吉

Maître Lü Songji 呂松吉est né sous l’occupation japonaise, le 20 Août 1942 à Taichung. Il est encore aujourd’hui à la tête de la lignée 南宗少林蔡家拳, dont il est devenu le représentant en 1980, succédant à son maître, Wu Hanzhong 吳漢忠 .

Prématuré, et sujet aux ulcères dès sa petite enfance, les médecins estimèrent à l’époque qu’il ne passerait pas l’adolescence.

A 12 ans, ses ulcères l’empêchaient de vivre normalement, et son père fit alors venir le maître Wu Dachao 吳大朝 chez eux pour aider son fils à aller mieux. C’est dès lors que maître Lü Songji pratiqua le Ba Duan Jin 八段錦 du monastère Shaolin du Sud, ainsi que des techniques de respiration “Tu Na” 吐纳 à ses côtés, et fût totalement guéri de ses maladies chroniques en seulement 5 mois de pratique quotidienne.

Son intérêt pour les arts martiaux traditionnels prit alors forme, et il se forma en Cai Jia Quan auprès de Wu Hanzhong 吳漢忠 (fils de Wu Dachao), et en Taizu Quan du Sud avec maître Zhu Jiewang 朱接旺 , qui le prirent tous deux comme disciple officiel en 1960, après plusieurs années de pratique ensemble, comme le veut la tradition.

Le clan “Zhong Yi Tang” 忠義堂 nom de l’école de maître Lü, est aussi très présent lors des célébrations religieuses de la région, où elle réalise des démonstrations de Wushu et de danse du lion traditionnelle chaque année. La renommée de l’école en la matière et la maîtrise du tambour de maître Lü sont telles, qu’il est considéré comme le “Roi des Lions” 獅王 (titre honorifique donné aux maîtres experts en danse du lion), depuis les années 70.

Maître Lü continue aujourd’hui à s’entraîner, à organiser les grands évènements de l’école, ainsi qu’à former ses disciples directs uniquement.

En 2023, Ghyslain Kuehn (de son nom chinois 古思萬) fût désigné par maître Lü Songji pour représenter la lignée en Occident, et devenir le chef de clan de l’école 忠義堂 en France.

DÉMONSTRATION DE CAI JIA QUAN PAR MAÎTRE LU WENRUI 盧文瑞

GÉNÉALOGIE DE LA LIGNÉE TAIZU QUAN ET CAI JIA QUAN DE SHAOLIN DU SUD

Voici la généalogie non-exhaustive et simplifiée, de la lignée Cai Jia Quan, incluant donc en son sein, les styles Cai Jia Quan et Taizu Quan, et de Danse du Lion du Fujian. Depuis les débuts, la lignée reste restreinte à des disciples triés sur le volet :

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