Taizu Quan 太祖拳

L’AUTHENTIQUE BOXE DES ANCÊTRES DU SUD DE LA CHINE

On distingue le Taizu Quan du nord 北太祖拳, du Taizu Quan du Sud 南太祖拳 né sous la dynastie des Song du Sud (1127 – 1279), dans la province du Fujian.

Toujours pratiqué aujourd’hui en Chine ainsi que dans d’autres pays du sud-est asiatique, et notamment à Taiwan, le Taizu Quan du sud est l’un des plus anciens style qui soit encore pratiqué de nos jours, et fait partie d’un autre grand style du Fujian : le Wuzu Quan 五祖拳 ou “boxe des 5 ancêtres”. Il est aussi l’un des styles qui a le plus influencé les différentes écoles de Karaté d’Okinawa.

Dans notre lignée, l’apprentissage du Taizu Quan est un passage obligatoire avant de pouvoir prétendre à l’apprentissage du Cai Jia Quan. Une fois le style maîtrisé et l’élève satisfaisant aux conditions pour devenir un disciple officiel du style, le maître pourra alors commencer à lui enseigner le style Cai.

Les cours de Taizu Quan tout niveau ont lieu en cours privés en présentiel et en ligne, ou pendant des stages exceptionnels.

CONTENU DES COURS

Les cours de Taizu Quan ont lieu les jeudi à Levallois de 19h à 20h30, ou en cours privés en présentiel et en ligne, dès 16 ans.

Pendant les cours, les élèves apprennent les techniques de combat typiques du style, notamment en travaillant les formes ancestrales de notre lignée, tels que “la main qui mord”, les différentes frappes des poings, des avant bras, des tranchants des mains et des doigts, mais aussi des jambes et des genoux. Le style utilise donc ce qu’on appelle “les sept étoiles de frappe” mais aussi de nombreuses projections.

Une fois les techniques acquises, les élèves les appliquent à tour de rôle, puis sous forme de “combat libre” pour tester leur maîtrise technique dans une approche collant le plus possible à la réalité.

Enfin, le cours inclue également une grande part de renforcement du corps dans son ensemble, des muscles, des tendons, mais aussi du rythme cardio vasculaire. Les élèves enchaînent ainsi différents exercices traditionnels et modernes afin d’avoir une pratique complète, combinée à une condition physique digne de ce nom.

Plus de détails dans les paragraphes ci-dessous.

“無膁不成肢,無指不成拳;無膁無指不成太祖”
Wú qiǎn bùchéng zhī, wú zhǐ bùchéng quán; wú qiǎn wú zhǐ bùchéng tài zǔ

Ce diction qui décrit les concepts fondamentaux du Taizu Quan pourrait se traduire en français par : “sans membres, pas d’avant-bras, sans avant-bras, pas de poings, sans membres ni avants bras, pas de Taizu”.

Il évoque ici les techniques de frappe et parades du Taizu Quan, mais pas seulement. En effet, on pare les attaques avec les avant bras. En rentrant les coudes bien à l’intérieur, coudes qui sont propulsés vers l’avant en utilisant la force venant du sol, traversant les jambes, la taille le dos, les épaules jusqu’aux doigts. Ainsi on comprend que sans savoir utiliser correctement ses membres – c’est à dire ses jambes et ses bras – on ne peut pas effectuer correctement les techniques d’avant bras, ni de frappe en poing ou en “pique”.

LA MAIN QUI MORD

Le Taizu Quan est un style “dur” dans le sens qu’il ne fait pas dans la dentelle, avec des coups francs et une manière très direct de contrer et frapper l’adversaire. Mais comme dans tous les styles de Wushu, le relâchement est primordial, et toujours présent même s’il est parfois peu visible.

La dureté et la force ne peuvent être générées seulement s’il y a relâchement, les coups n’explosant en vitesse qu’au contact de l’adversaire.

La technique phare du style, “Ka Zui” 咬手 en Hokkien, ou “main qui mord”, est effectuée en paume doigts tendus, consistant traditionnellement à rentrer les doigts dans les côtes, mais aussi à contrer, piquer, ou pincer la peau et les muscles en tirant. Cette technique appelée “pincer” ou “Qian” 鉗 en mandarin, et Mordre ou « Ka » 咬 en Hokkien, est très douloureuse.

NOTRE LIGNÉE DE TAIZU QUAN

Le nom “Taizu Quan”, contrairement à ce que certaines sources stipulent, n’a aucun lien avec le nom de l’empereur Song Taizu 宋太祖, et n’est donc en aucun cas la “boxe de l’empereur”, puisque aucune source vérifiable n’atteste qu’il n’ait ne serait-ce que pratiqué les arts martiaux.

La traduction plus juste de Taizu Quan devrait être “boxe des ancêtres”. En effet, en Min-Nan 閩南 (ou Hokkien), le dialecte principal de la province du Fujian, on utilise “A Tai” 阿太 et “A Zu” 阿祖 pour désigner les arrières grands parents, et leurs ancêtres. Cette appellation est aussi utilisée sous les différentes dynasties pour désigner les membres de la famille royale, dont le peuple se sent membre, puisque l’empereur est considéré alors comme le “père du peuple”.

Cette origine du nom Taizu prend tout son sens quand on sait qu’il s’agissait du style pratiqué par les membre de la famille de l’empereur, et bien sûr, de leurs gardes du corps, tous habitants dans la ville de Quanzhou 泉州, dans une sorte de “ville dans la ville” appelée “Nan Wai Zong Zheng Si” 南外宗正司 , dont ils ne sortaient quasiment jamais.

Ces gardes impériaux furent les premiers à transmettre le style à l’extérieur de cette cité dont les vestiges en ruine sont encore aujourd’hui préservés.

Cette lignée que nous enseignons, autrefois transmise par les gardes impériaux, porte le nom complet de 老架南太祖拳 “Lao Jia Nan Tai Zu Quan”, soit “Ancienne boxe Taizu du Sud”.

DE QUANZHOU À TAICHUNG

Le Taizu Quan du sud s’est vu importé à Taiwan sous les dynasties Ming et Qing, et fût pendant longtemps le plus pratiqué sur l’île dans les systèmes traditionnels, avec ses plus grandes écoles dans le centre et le sud de l’île.

Durant le règne des empereurs Tongzhi et Guangxu de la dynastie Qing, un maître de Taizu Quan originaire de Quanzhou traversa la mer pour se rendre à Taiwan. D’un excellent niveau et réputé pour ses coups “vicieux”, afin de gagner sa vie, il se fit connaître rapidement en défiant de nombreux maîtres.

Hélas cette réputation lui valu la rancoeur et le dédain de nombreuses écoles de Wushu à travers Taiwan, et lors d’un combat, on lui tira dessus avec un mousquet. La nouvelle de ce combat parvint jusqu’aux oreilles de sa femme, Lu Jing 盧靖, qui elle même pratiquait le Taizu Quan. Inquiète pour son mari, elle parti le chercher à Taiwan en 1867, mais les habitants lui cachèrent la mort de son mari en prétextant qu’il était tout simplement introuvable.

Lu Jing s’en alla chercher des réponses un peu partout, jusqu’au quartier Songshan de Taipei, où elle travailla comme ouvrière afin de subvenir à ses besoins. Un jour, elle se disputa avec une de ses collègues. Celle-ci revint avec son mari pour la frapper, mais Lu Jing, les mit à terre très rapidement.

Lin Enmu 林恩木, un jeune garçon à l’époque encore adolescent, avait assisté à la scène et fût impressionné par le fait qu’une femme puisse défaire deux assaillants. Il alla voir Lu Jing pour lui dire de s’enfuir et de venir se cacher chez lui.

Lorsque Lu Jing lui expliqua que ces gens cherchaient à la faire taire car elle posait trop de questions au sujet de son défunt mari, Lin Enmu, se prit d’affection pour celle qu’il considéra alors comme une seconde mère. Ainsi naquit entre eux une relation mère-fils, et elle lui transmit l’intégralité du style Taizu Quan, ainsi que son savoir de médecine traditionnelle, faisant ainsi de Lin Enmu le maître de toute une génération de Taizu Quan à Taiwan.

Il transmit le Taizu à son beau fils : Wu Dachao 吳大朝, haut placé dans la hiérarchie des sociétés secrètes et maître du style Cai Jia Quan 蔡家拳.

Maître Wu, véritable légende encore aujourd’hui à Taiwan, eut quelques élèves triés sur le volet dont son fils Wu Hanzhong 吳漢忠, ainsi que Zhu Jiewang 朱接旺, et Lü Songji 呂松吉, maître héritier de 8ème génération, et chef de clan de notre lignée.

LE RENFORCEMENT

Le renforcement est essentiel dans le Taizu. Qu’il s’agisse des jambes, de la sangle abdominale, ou des avant bras. Les doigts eux, sont primordiaux et demandent à être renforcés sans cesse. En effet, ils sont utiles pour effectuer la technique évoquée plus haut de la “morsure”, mais une fois fermés, on peut aussi attaquer en poing fermé. C’est pourquoi il faut bien renforcer ses doigts avant de pouvoir frapper correctement.

De nombreux exercices de renforcement des avant-bras, des doigts, et des phalanges existent. En voici quelques uns seulement :

• 豆子桶 – Seau rempli de haricots noirs dans lequel on frappe avec les doigts
• 石袋 – Le sac rempli de pierres, que l’on jette et rattrape avec les doigts
• 竹條 – Frappes sur et à travers des bambous fins ou du rotin
• 藤環 – Cerceau de rotin

Il est très important de se soigner ensuite avec des onguents de médecine traditionnelle afin de préserver le bon état des doigts dans le temps, et participer à leur renforcement et récupération plus rapide. Au risque sinon, d’être contre productif et de les affaiblir.

LES ARMES

Le Taizu Quan de notre lignée est très pragmatique et ne comporte que peu de Taolu, dont les principales formes à mains nues sont :

• San Zhan 三戰
• Cui Zhan 摧戰
• Jiao Zhan 角戰
• Hui Yao 回搖

Les armes sont elles plus nombreuses. On peut citer entre autres :

• Le bâton 太祖棍
• La hallebarde 太祖關刀
• Le Saodao 太祖掃刀
• La lance 太祖槍
• Le sabre Bei Zai Dao 北仔刀
• Les doubles tonfas 雙拐

GÉNÉALOGIE DE LA LIGNÉE TAIZU QUAN ET CAI JIA QUAN DE SHAOLIN DU SUD

Voici la généalogie non-exhaustive et simplifiée, de la lignée Cai Jia Quan, incluant donc en son sein, les styles Cai Jia Quan et Taizu Quan, et de Danse du Lion du Fujian. Depuis les débuts, la lignée reste restreinte à des disciples triés sur le volet :

PRÉSENTATION DU STYLE PAR MAÎTRE LU WENRUI

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